Il a choisi de s’en aller le 4 janvier, laissant famille et proches figés devant cette nouvelle glaciale.
Romain avait 30 ans. Il traversait un épisode dépressif. Cette fameuse santé mentale, dont on parle encore trop peu. Comme si c’était une maladie honteuse. Invisible pour nos appareils sophistiqués et pour nos yeux d’humains, elle n’en demeure pas moins un mal sociétal dont il serait grand temps d’en faire un vrai sujet.
J’étais l’oncle et le parrain de Romain. Au-delà de la douleur et de la tristesse de le voir partir ainsi — même si je veux croire qu’il est peut-être mieux là où il est — je me suis posé beaucoup de questions sur mon rôle, sur mon manque de présence. Bref, à me raconter des histoires qui nourrissent ma culpabilité.
Ce qui m’a aussi profondément interrogé, c’est notre difficulté, à nous les êtres humains, à accueillir nos fragilités. À reconnaître nos coups de mou, nos états d’âme, quels qu’ils soient. Nous sommes très doués pour fuir le malaise, n’est-ce pas ?
J’ai réalisé une vidéo sur ce sujet. Parce que je crois, au plus profond de moi, qu’apprendre à accueillir ce qui est pourrait transformer nos vies et peut-être éviter que certaines, comme celle de Romain, se terminent beaucoup trop tôt.
Tourner cette vidéo n’a pas été simple, mais cela me semblait nécessaire. Ne serait-ce que pour honorer sa mémoire. Vous pouvez la visionner ICI.
Chaque décès nous rappelle ce qui est vraiment essentiel. Dans les moments douloureux, de grande tristesse, le montant de notre compte en banque n’adoucit aucune émotion.
C'est toute la différence entre l'important et l'essentiel.
Remettre l’essentiel — l’amour, la qualité des relations, l’émerveillement, la joie, le soin de notre santé — au cœur de l’important, comme le disait Edgar Morin, change profondément notre manière de vivre.
Lors de la cérémonie en l’honneur de Romain, j’ai pris la parole et conclu en évoquant cette chanson de Louis Chedid :
« On ne dit jamais assez aux gens qu’on aime qu’on les aime »
que vous pouvez découvrir ICI.
Les regrets sont douloureux et inutiles. Alors exprimons notre amour, chaque fois que c’est possible. Même si c’est intimidant, même si ce n’est pas dans nos habitudes.
En écrivant ce message, je n’attends pas de mots réconfortants. J’en ai déjà reçu beaucoup, et ils m’ont touché. J’avais surtout envie de partager ceci :
Derrière chaque épreuve, aussi douloureuse soit-elle, se cachent aussi de précieux apprentissages. Des invitations à être plus vivants. Plus présents. Plus reliés à l’instant.
Je vous souhaite le Meilleur et un maximum d’essentiel (ou essence-ciel) dans votre vie.
Avec amour,

